Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 02:48













La Généologie de Jean Boilard












Par Généalogie Boilard - Publié dans : Généalogie
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 03:04

 

Introduction



Au XVIe siècle, la France eut à faire face à plusieurs guerres, dont 8 guerres de religion entre 1562 et 1593. En fait, cette période a vu l'état de guerre à peu près continuel, interrompu seulement par de courtes trêves qu'on a décorées du nom de paix. Celles-ci n'étaient déterminées moins par la lassitude des combattants que par le manque d'argent. Également, durant cette période, il y avait lutte entre deux grandes familles rivales pour la couronne de France, les Guises et les Bourbon. C'est ainsi que les Guerres de Religion devinrent des guerres politiques.


À ces luttes civiles, se joignirent des couronnes étrangères : Philippe II d'Espagne soutenait les Guises tandis qu'Élisabeth d'Angleterre et les princes allemands appuyaient les huguenots. On vit des troupes anglaises au Havre, une garnison espagnole à Paris, et même une petite armée pontificale en Poitou. Ces guerres furent atroces et les campagnes furent horriblement maltraitées. "Il n'y a pas un coin de terre qui ne soit ravagé" écrivait un contemporain.


En 1593, Philippe II roi d'Espagne, espérant réunir la France à son royaume se proposa en "protecteur de l'état de religion du royaume de France". Sentant bien ce jeu, l'on convoqua les États Généraux en janvier 1593. Philippe II posa la candidature de l'infante espagnole au trône de France. Entre la domination étrangère et un prince français tel que Henri IV, les députés ne purent hésiter.


À la suite de la conversion d'Henri IV roi de France, une paix précaire s'installa en France. Pour s'attirer les bonnes grâces du Vatican, il rappela en France les Jésuites qui en avaient été expulsés à la suite d'un attentat et leur confia même le Collège de la Flèche.


Après avoir pacifié son royaume, Henri IV dut constater que l'économie du pays était en ruine. Les finances étaient en piteux état et le roi se trouvait sans argent et sans crédit. Il n'y avait ni commerce ni industrie dans les villes et les villages étaient dépeuplés, les paysans se révoltaient. On dut attendre une dizaine d'années pour revoir la prospérité en France.


À l'extérieur, le commerce français se releva. Au Canada, l'on reprit la colonisation. Champlain fonda Québec en 1608 et remonta le Saint-Laurent jusqu'aux Grands-Lacs.


Pendant ce temps, Henri IV soutint les princes protestants contre l'empereur de l'Allemagne, Rodolphe II. Henri IV fut assassiné le 14 mai 1610 avant que la guerre contre l'Allemagne ne fut déclarée. Louis XIII, son fils aîné lui succéda à l'âge de 9 ans.


Sous les règnes de Louis XIII (1610-1643) et Louis XIV (1643-1715) on vit réapparaître les désordres qui dégénérèrent en guerres civiles. On vit alors les éléments habituels de troubles : grands seigneurs épris d'indépendance, Huguenots à tendances séparatistes, Parlement et villes hostiles au pouvoir absolu.


En France, vers 1614, l'armée protestante était évaluée à 40,000 gentilshommes auxquels il fallait ajouter 30,000 hommes de troupes. La guerre éclata à propos du Béarn. Louis XIII exigeait l'exécution de l'Édit de Nantes dans ce pays où les Huguenots, qui étaient les plus forts, avaient jusqu'alors refusé aux catholiques la restitution des biens d'Église et la parité du culte. Bravant l'ordre du roi, l'Assemblée des Réformés, tenus à LaRochelle, souleva le Midi.


En 1622, le roi accorda aux Réformés (protestants) la Paix de Montpellier, qui confirmait l'Édit de Nantes. En 1624, le roi s'adjoignit le cardinal Richelieu. En 1627, la guerre éclata entre le roi et ses sujets calvinistes à l'instigation de l'Angleterre. Celle-ci, mécontente de la politique de Louis XIII en Italie, saisit sur mer des vaisseaux français et envoya à La Rochelle une flotte commandée par le duc de Buckingham. Richelieu entreprit lui-même le siège de La Rochelle. Au bout d'une année de siège, la famine devint horrible dans La Rochelle, la ville dépeuplée se rendit au roi de France, le 1er novembre 1628. La guerre contre les protestants se continua dans les Cévennes jusqu'en 1629, le 28 juin, alors que le roi accorda aux Réformés la Paix de Grâce.


Suivit des intrigues contre Richelieu, ainsi que d'autres conflits. Le roi Louis XIII mourut le 14 mai 1643 à l'âge de 42 ans. Pendant ce temps le désordre existait dans les finances publiques. C'est ainsi que les impôts furent augmentés, ce qui incita à plusieurs révoltes.

 

C'est à ce moment que débute notre histoire.

 


Ref. Histoire Moderne du Xe siècle à 1715 par Ch. Aimond

 


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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 03:09


 

 

 

 




Chapitre 1 Jean Boilard et Jeanne Maranda







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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 03:14


La Traversé


Jean, fils de Mathurin Boilard et de Marie-Desanges, est né vers 1645, dans la petite localité de Bournezeau, canton de Chantonnay, aujourd'hui dans l'arrondissement de La Rochelle-sur-Yon, département de la Vendée, ancienne province du Poitou. Bournezeau qui est une petite communauté qui compte aujourd'hui 2,500 habitants, est célèbre pour ses carrières de granit. Aux environs de ses 30 ans, Jean Boilard qui était tailleur de pierre, décide de venir en Nouvelle-France.

Nous tenons ces informations de Jean Boilard lui-même car ce sont les informations qu'il a données chaques fois qu'il a signé un document officiel comme un contrat de mariage, d'achat ou vente de terre ou d'actes de baptême devant notaire ou prêtre. Ces documents contiennent des informations cruciales et nous permettent d'établir les activités de nos ancêtres.




La France se trouvait aux prises avec de sérieuses difficultés financières. De nouvelles taxes étaient levées continuellement pour financer les guerres religieuses qui ravageaient le pays, ce qui rendait la vie très difficile pour les citoyens.

 

On peut certes s'imaginer que pour lui, devant la misère qui régnait, les impôts, le danger d'être forcé de joindre le rang des combattants de guerres interminables, la décision de tenter l'aventure canadienne ne fut pas difficile à prendre bien que la traversé puisse s'avérer dangereuse.

 

A l'époque, comme il était difficile de recruter des colons pour la Nouvelle-France, il était fréquent de voir une offre d'emploi pour une période de 3 ans, logement et nourriture compris au terme duquel les gages permettaient d'acheter une terre, prendre épouse et établir sa famille.


Le voyage était périlleux et long. Plusieurs passagers mourraient lors de la traversée qui pouvait durer jusqu'à 90 jours.


Au début du XVII e siècle, les navires ne jaugent guère plus de deux cents tonneaux. Ils mesurent environ quatre-vingt-dix pieds sur trente. Ils ne peuvent transporter qu'une centaine de personnes incluant les membres de l'équipage dans des conditions plus que modestes. Les passagers sont groupés dans l'entrepont et couchent çà et là sur de minces paillasses. Les hommes célibataires habitent l'avant, au centre se retrouvent les "gens mariés", et la section arrière est réservée aux femmes. Quand le temps le permet, écoutilles et fenêtres sont ouvertes pour permettre l'aération, car on suppose facilement l'atmosphère qui existe à cet endroit. La proximité de tant de passagers, les conditions sanitaires quasi inexistantes, l'impossibilité de se laver et même de changer de vêtements devaient rendre l'air irrespirable lorsque le froid ou la mer démontée obligeait à garder fenêtres et écoutilles fermées.


Certains rares navires possèdent le long des cloisons, d'étroites cabines fermées par un rideau. Ayant pour tout meuble un lit étroit. On y loge les gens de qualité, les personnes de faible santé ou les religieuses. Le plafond de ces locaux est très bas, de telle façon que même si les gens sont à l'époque plus petits qu'à notre siècle, ils doivent circuler penchés.


Que dire des tempêtes interminables que certaines traversées eurent à subir, alors que le vaisseau était tellement agité qu'il était impossible de se tenir debout, ni faire même un pas sans être appuyé, ni même assis sans se tenir à quelque chose. On était contraint alors de prendre ses repas sur le sol et de s'y mettre à quelques-uns pour tenir le plat, pour l'empêcher de verser.


Cependant, les voyageurs redoutent moins encore les tempêtes, les icebergs et les corsaires que les épidémies. Les déplorables conditions d'hygiène engendrent la dysenterie, le scorbut, la furonculose. Il est rare qu'on n'ait pas à enregistrer de nombreux décès. Quand accoste à Québec le vaisseau qui transporte Mgr de Saint-Vallier, le nouveau gouverneur Denonville et un corps d'officiers et soldats, plusieurs parmi ceux-ci sont morts et ceux qui arrivent vivant au port sont malades et introduisent la petite vérole dans la colonie. Ils sont immédiatement conduits à l'hôtel-Dieu, et on doit en placer jusque dans la chapelle, dans les hangars et les poulaillers.


Il y eut promulgation, en 1681, d'un édit royal obligeant un médecin à bord de chaque navire car la mortalité devint un problème sérieux.


Une fois arrivée en face de Québec, ils apercevaient une foule qui les attendait, avertis par les habitants de la côte. C'était pour eux l'occasion de voir des gens de leur patrie, de recevoir du courrier des êtres chers qu'ils avaient laissés dans cette lointaine contrée qu'était pour eux la France.






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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 03:22


1675 À Québec


La première mention de Jean Boilard au Canada nous apprend qu'il est tireur de pierre et qu'il demeure en la maison ou se retirent lesd travaillants du Séminaire de Québec ou probablement il travaille. L'on rapporte que, le 2 mai 1675 une quinzaine d'hommes avaient signé un engagement de trois ans au service du Séminaire de Québec. Ces artisans débarquent à la capitale les 21 et 22 septembre 1675. Mgr de Laval donne aussitôt le signal de commencer les travaux de la construction du Petit Séminaire.

 

 


 

Fig. 01 Une œuvre originale (23'' X 24 '') de Pierre Lussier illustrant la section
collégiale du Petit Séminaire de Québec et les remparts.

 

Après deux ans, cet édifice de 170 pieds en longueur sur 30 de largeur est bénit par l'évêque, le 7 décembre 1677. Jean était-il de ce premier contingent ? Aucune preuve.

La situation politique à l'époque est fort différente de ce que l'on est habitué.

 

L'autorité suprême appartient au gouverneur Le Comte de Frontenac. Il est le maître de la colonie depuis1972, c'est à dire depuis trois ans. Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac a des qualités remarquables et de grands défauts, intelligence vive, hardie, intrépidité dans l'action, habileté dans les conseils, persévérance dans ses desseins, fidélité dans ses amitiés, mais homme violent, impétueux, vaniteux, opiniâtre dans ses préjugés, injuste dans ses décisions, mesquin dans ses procédés, âcre dans ses rancunes. Il semble mériter, à un degré presque égal, l'éloge et la critique. Il a plus de 1500 soldats sous ses ordres.

 

Le numéro deux est Mgr Laval. Chef spirituel de la colonie, Mgr François de Laval est en poste depuis 1659, c'est à dire depuis16 ans, il constate les effets désastreux de l'eau-de-vie que les sauvages consomment abondamment. Ces boissons alcoolisées sont importées de France et échangées contre des fourrures. Mgr de Laval s'interpose : les marchands sont furieux et montent le peuple contre l'évêque. Ne pouvant ralentir ou faire cesser ce commerce dont il résulte des bagarres, voire des meurtres, la division dans les familles, Mgr de Laval frappe un grand coup : il excommunie les chrétiens qui continueront ce commerce. Il aura à affronter la colère de notables et même de certains gouverneurs. Cette lutte contre la vente de l'eau-de-vie durera vingt ans ! Enfin, en 1679, Mgr de Laval obtient du roi Louis XIV l'interdiction de la vente des boissons aux Indiens. La colonie compte 100 religieux.

 

L'Intendant Jacques Duchesneau n'occupe que le troisième rang, après le gouverneur et l'évêque. Il remplace cette année, Jean Talon en qualité d'intendant de la justice, police et finances. Jacques Duchesneau, seigneur de la Doucinière et d'Ambault était un homme intègre, loyal, tout d'une pièce, attaché à ses droits, à ses devoirs, bon administrateur Il recevait une mission délicate et difficile, une tâche ingrate, à côté d'un homme hautain et intraitable, M. de Frontenac, ce fût son malheur.

 

Il est le président effectif du conseil puisqu'il a la charge de diriger les délibérations, de demander les avis, de recueillir les suffrages et de prononcer les arrêts. Il appuya Mgr Laval dans sa lutte contre la vente de l'eau-de-vie. La colonie compte 8,000 habitants.

 

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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 03:28


1676 La Terre à Beaumont


Le mardi 18 août 1676, Jean Boilard est à l'étude du notaire Gilles Rageot. François Aimé, dit Laprise, vollontaire cy devant soldat demeurant de present chez Toussainct Dubeau, et Louis Sourisseau, dit Le Pointevin, travaillant au Séminaire de cettted ville, offrent à Jean Boilard une terre de six arpents de front située dans le fief de Vincennes ou de Cap Saint-Claude.




Ce bien se trouve tout juste la dernière concession de la future paroisse de Beaumont, seigneurie de Vincennes ou Montapeine. Aimé et Sourisseau avaient obtenu cette concession par un billet signé de Marie Couillard, le 3 février 1675. Aucun travail n'avait été fait sur ce terrain encore boisé. L'acquéreur donne 30 livres comme prix de cette terre de plus, il doit payer les rentes échues.


Voici le contract tel qu'il a été trouvé dans les archives du notaire Gilles Rageot (1642-1692) sous le numéro 1491. A cette époque, le roi mandatait un notaire pour consigner par écrit les actes légaux nécessaires au bon fonctionnement de la société. Ce fonctionnaire qui se dotait du titre de notaire royal consignait dans un livre vierge tous les actes pertinants. Gilles Rageot en a écrit plus de 5,000 au cours de sa carrière.


En voici le texte originale et la transcription




 

En marge : No 1491 Vente Desprise Sourisseau Boillard

18 e aoust 1676

Pardevant Gilles Rageot notaire
Royal de Quebecq furent present en leurs personnes
francois Esmé dit Desprise vollontaire (cy devant soldat) demeurant
de present chez Toussainct Dubeau en la haute ville
ou il fait eslection de domicille pour effet des presentes
sy besoing est et Louis Saurisseau dit le poitevin
travaillant au seminaire de cette dite ville ou il fait
pareille eslection de domicile sy le besoin est en
la maison ou se retirent les travaillants dudit seminaire
Lesquels sollidairement lun pour lautre un d eux seul pour
le tout sans division ny discution aux renonciations
requises vollontairement ont reconnu et confessé avoir
vendu quitté ceddé transporté et delaissé comme par ces présentes
vendent quittent ceddent transportent et delaissent du tout
des maintenant a toujours et promettent garantir de
tous troubles et empeschement generallement quelconques
A Jean Boilard tireur de pierre demeurant
audit lieu du seminaire pour ce acceptant aquereur
pour luy ses hoirs et ayant cause six arpents
de front six arpents de terre de front
sur la riviere dun bout Saint Laurent dun bout, un coste Monsieur Claude Maugue dautre .
et dautre bout les terres non concedé et
sur la proffondeur qui sera reglée par le seigneur
censier dudit lieu ainsy quand au bien maison etc
it lieu. Le tout ainsy quil se poursuit et comporte
circonstances despendances sans en rien reserver ny
retenir ny sans aucun parfoire service de travail sur
ladite terre par lesdits vendeurs # aux dits vendeurs
a Quebec par billet signé Marie Couillard
du troisieme febvrier 1675 a eux donné pour
chacun trois arpents de front et pour leur service
_____ de possession et y pouvoir travailler des __
______________fait - Estoie en la seignerie de
Ms. Claude chargé de cens et chargé de rentes

   

 



seigneur ____ que lesdits six arpents de front par la
profondeur qui pourra estre establit ainsy que __________
pouvoir de biens que ledit party______________________ ny
declaré de ce enqui _________________________________
navoir de contract de concession autre que ledit billet
_____________________________ desdits cens et rentes et autre
______________echange du passé jusqu a huy ____________
moyennant le prix et somme de trente livres _________
____________________________________________que lesdit
vendeurs solidairement comme _________et on reconnu en
avoir eu et recu present _______________________________
desdit vendeurs dudit acquereur
ledit billet cidessu daté et
concernant le propriete et jouissance des six arpents
de terre de front mestant et subtogeant lesdit
vendeurs ledit acquereur du tout en leur lieu et droict
noms raisons et actions transportant en oultre tous droicts etc
etc dessaisissant etc voulant etc le procureur le porteur
Donnant pouvoir etc promettent etc obligeant etc.. renoncent etc..
fait et passé audit Quebec en l estude dudit
notaire avant midi le dix huit aoûst 1676
en presence
que nous avons lesdits Esmé et
notaire signer et on autre party declare ne scavoir
escrire ny signer de ce interpellé suivant lordonnance
## dont ledits acquereur s est tenu pour content et satisfait,
approuvé en interligne, Sainct Laurent d un bout
du passé, jusqu a huy

signature
signature



Pardevant ledit notaire furent presents en leurs
personnes Francois Aymé dit Desprise et Louis
Sourisseau dit le poitevin
d une part et Jean Boillard dautre part

 

 

 



1 18 aoust 1676

2

3

4 ledit contract oblige ledit Boillard de payer

5 la rente

6

7

8

9 obligeant etc.. renoncant etc..

10 etc... ont lesdits sourisseau et Boillard declare

11 ne scavoir escrire ny signer de ce interpele suivant

12 lordonance

13

14

15

 



Jean prend donc la résolution d'être défricheur et fermier. Voici la situation auquel il aura à faire face. D'abord, il y a la guerre contre les Iroquois. Ensuite, il y a la guerre entre la France et l'Angleterre. Il aura à faire face aux tremblements de terre, aux incendies, aux inondations et la sécheresse, aux mauvaises récoltes et à la famine.

Il était facile de devenir hors la loi. Il était défendu par le roi de devenir coureur des bois ou de faire la traite des fourrures. Aussi défendu, garder des bestiaux dans les villes, aux protestants de se réunir, interdit aux mendiants de demander l'aumône dans les rues, de fumer dans les rues de Québec (danger d'incendies), de faire la culture du tabac en Nouvelle-France, et de chasser dans les bois.


Il y a loi contre la contrebande d'alcool et de fusils. Il est interdit de faire le troc d'eau-de-vie contre des fourrures. Il y a défense royale de vendre de l'alcool aux indien.


La dîme est fixée à 1/26 des récoltes et il doit donner des journées de travail lorsque l'intendant déclare les jours de corvées. Il doit payer la rente annuelle au maître de la seigneurie


Nous devons admettre qu'il ne manque pas de courage.

 

 

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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 15:40


1679, Jean Boislard


Le nom de Jean Boislard apparaît sur un acte de baptême le 13 avril 1679 alors qu'il devient le parrain de Guillaume Lemieux, fils de Gabriel Lemieux et Marthe Beauregard. La marraine est Hélène Lemieux, sœur de Guillaume. Le baptême a lieu à la Pointe de Lévis et le curé Thomas Morel célèbre l'événement. Une toute nouvelle loi oblige les prêtres à tenir un registre d'église et d'y inscrire toute naissance, mariage et décès avec les détails pertinents.


Pour ceux d'entre vous qui avez remarqué l'orthographe différente de Jean Boilard à Jean Boislard, en voici l'explication. L'acte notarié de vente indique Boilard alors que l'acte de baptême de Guillaume Lemieux indique Boislard. À l'époque, très peu de gens savent lire et écrire, donc, ils ne connaissent pas l'orthographe de leur nom. À ce moment, l'orthographe du nom dépendra de la prononciation du sujet et de l'ouïe de la personne qui écrit l'acte.

Dans notre cas, le notaire Gilles Rageot écrira Boilard alors que le prêtre-missionaire-curé Thomas Morel qui baptisa Guillaume écrira Boislard. J'ai décidé de respecter leurs orthographes, ce qui fait que si vous notez des différences dans les pages qui suivent, vous en saurez la raison.


Jean Boilard continue de travailler à Québec. Durant ses temps libres, il va couper du bois sur sa concession. Cette année là, Jean Boilard observe les Hurons alors qu'ils pratiquent un de leurs sports préférés. Le jeu consiste à frapper une balle avec un bâton recourbé semblable à la crosse d'un évêque. Il a entendu le récit des Jésuites qui ont vu pour la première fois ce jeu en 1636. Les Français baptisent donc ce sport ,«la crosse».

 

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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 16:14


1680, La veuve de Julien Brûlé

 


Jean Boilard est un célibataire endurci. Il a 35 ans et n'est pas encore marié après cinq ans en Nouvelle-France.


Quelques années plus tôt, une amande fût imposée aux garçons non-mariés de plus de vingt ans et aux filles non-mariés de plus de seize ans. Au même moment, le roi verse une ‘'allocation familiale'' aux familles de dix enfants et plus. L'année suivante, il fait un cadeau de vingt livres aux garçons mariés à l'âge de vingt ans et aux filles mariées à seize ans.

Tous les jours, du haut de la chaire, le curé exhorte ses fidèles a fonder leurs familles immédiatement. La pression est énorme et constante.


En 1680, la colonie compte 9,677 habitants dont 5,375 hommes et 4,302 femmes repartit en 1,568 familles. Les filles à marier sont rares car le dernier contingentement de filles du roi est arrivé en 1677, trois ans plutôt. Il n'en reste presque plus.


Les filles du roi seront plus de huit cent à faire la traversée de l'Atlantique, à venir fonder une famille et peupler le pays entre 1663 et 1677. Femmes immigrantes dont le départ vers l'inconnu était volontaire, elles sont envoyées en Nouvelle-France pour répondre aux besoins de peuplement de la colonie.


Le roi défraie le coût de la traversée et dote les filles du roi de quelques biens essentiels. Leurs hardes se composent finalement de bien peu de choses : un petit coffre, appelé cassette, destiné à ranger des bijoux ou de l'argent et quelques vêtements dont une coiffe, un bonnet, une paire de bas, des gants et un mouchoir. On leur remettait aussi des accessoires pour la couture : des épingles, des aiguilles, du fil et des ciseaux. À ce petit bagage s'ajoutaient la somme de deux livres en argent pour la traversée et généralement une dot de mariage de 50 à 300 livres pour leur établissement au sein de la colonie.


Les filles du roi, tout comme leurs devancières, ont été des femmes courageuses... Émigrer vers des colonies lointaines, peu sûres et au climat difficile, était une aventure à tenter pour des hommes, mais fort mal vu à l'époque pour des femmes.


Des femmes et des filles avaient émigré au Canada, de 1608 à 1663, recrutées par des communautés religieuses et des seigneurs, mais en très petit nombre.


De 1634 à 1663, plus de 200 filles célibataires viennent s'établir en Nouvelle-France. Prises en charge par les communautés religieuses, elles portent le nom de filles à marier. En 1654, c'est la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, qui s'occupe de l'envoi d'une dizaine de filles à la colonie sous la conduite de religieuses.


Appelées les devancières, elles se distinguent des filles du roi parce que le voyage et leur établissement au sein de la colonie n'est pas financé par le roi de France.


Elles sont néanmoins parties, quittant la France pour ne plus revenir. Elles débarquent dans un pays jeune où tout est encore à faire, où tout reste à bâtir.


Un peu plus de la moitié de ces filles sont des orphelines, sans dot et donc sans avenir, et la majorité ont moins de 25 ans. Si la plupart sont originaires de Paris, les autres proviennent des provinces environnantes dont la Normandie, la Bretagne et L'île de France. Le recrutement se faisait principalement à La Salpêtrière, qui hébergeait les femmes indigentes et les orphelines. On leur enseignait à lire, à tricoter, à faire de la lingerie, de la broderie et de la dentelle ; on leur donnait un solide enseignement religieux. Une fois embauchées, les "filles du roi" étaient dirigées vers un port de mer, soit Dieppe, soit La Rochelle, où elles embarquaient sur des navires en direction du Canada.


Un jour, vers l'âge de 35 ans, Jean Boilard rencontre Jeanne Maranda/Morandeau, fille de Jean Maranda/Morandeau et de Jeanne Cousin, née à La Flotte, île de Ré, le 30 juillet 1656, marié le 3 août 1677 a Julien Brûlé, un breton natif de Piré-sur-Seine, près de Rennes.


Elle est la mère d'Anne, de Jacques et de Louise Brûlé, Jeanne avait perdu son mari, bedeau de la paroisse Notre-Dame, le 16 août 1680. Sa fille Louise, seule survivante de ses trois enfants, était née le 5 juin, un peu plus de deux mois avant le décès de son père.


Jeanne rencontre Jean Boilard qui lui propose un traité de mariage. Il a 11 ans de plus que la jeune veuve qui a 24 ans. Elle accepte.


Les statistiques de l'époque nous indiquent que les filles se mariaient jeunes et que les écarts d'âges, entre les époux peuvent parfois être assez élevés.


Ces enfants-épouses sont nombreuses, au recensement de 1667, on trouve une épouse de treize ans, quatre de quatorze ans, cinq de quinze ans et dix de seize ans. Le mariage hâtif des petites canadiennes ne fut pas un effet du hasard, les autorités civiles l'ont favorisé. Le but était de fixer en même temps que les jeunes époux, les parents sur le sol canadien.


Il va sans dire que leurs maris sont toujours plus âgés. Onze colons étaient âgés de 18 ans de plus que leur épouses, dix de 19 ans. Onze de 20 ans, quatre de 21 ans, six de 22 ans, deux de 23 ans, quatre de 24 ans et deux de 25 ans. Mais on trouve aussi l'opposé, on trouve dans le même recensement neuf ménages dont l'épouse avait confié son existence à un jeune homme et dont la différence d'âge est la même que celle que l'on trouve entre les colons et leur jeune épouse.


Le mercredi 14 novembre 1680, Jeanne et Jean se présentent devant le notaire Rageot, pour approuver leur convention matrimoniale. Un seul témoin est là pour appuyer Jean Boilard, Jean Poliquain, maçon, habitant du cap Saint-Claude, donc son voisin de terre. Du côté de la future épouse, se rangent son père Jean Marandeau, son frère Jacques et Jacques Chapelain, un ami qui sait signer. Évidemment, Louise Brûlé, qui a moins d'un an, sera nourrie et protégée jusqu'à son mariage.

 



En marge : no. 2148 Mariage Boillard veusve Brullay manradeau

Pardevant Le notaire
furent present en leurs personnes Jean Boillard
fils du desfunct Mathurin Boillard et Marie
des anges de la paroisse de Bournezeau evesche
de Lusson , demeurant en la seignerie de Lauson en ce pays
pour luy et en son nom d une part, Et Jeanne
Marandeau veusve du deffunct Jullien Brullé
vivant Bedeau de cette paroisse demeurant
en cette ville pour elle et en son nom d autre
part Lesquelles party ont de leur bon gré et
vollonte ont faict les traitté et promesse de mariage
qui en suivent, Cest a scavoir que ledit Boillard
a promis prendre pour sa femme et legitime espouse
lesdites party en presence de leurs parents et amys
pour ce assemble bon gre et volonté en la
presence de leurs parents et amys pour ce assemblé
de part et d autre scavoir , de la part dudit Boillard
de Jean Poliquain amy Et de la part de ladite
Jeanne Marandeau de Jean Marandeau son pere
et de Jean Marandeau son frere et de Jacques Chaplain
Chaplain amy ont faict leur traitté et promesse
de mariage qui ensuivent cest a scavoir ledit
Boillard a voir promit et promet prendre pour
sa femme et legitime espouse ladite Jeanne Marandeau
comme aussy ladite Marandeau le promet prendre
pour son mary et legitime espoux ycelluy
mariage faire et solemniser en face de nostre mere
saincte Esglise catholique et appostolique romaine
le plus tost que faire se pourra, pour estre un
et commun en tous biens meubles conquest
immeubles du jour de leurs espousailles ##
sera douee du douere coutumier sera

 


 

 

 

 


douéé la future espouse du douaire coustumier
sera nourri et eslevé Louise Brullé petite
fille aux depent de la communauté
jusqu a ce qu elle soit promise en mariage ________
___________ a la communauté jusqu audit temps
Car ainssy etc promettant etc obligeant etc
renoncant etc fait et passe __________________
quebecq en l estude de Rageot ___________________
notaire apres midy le quatorziesme
jour de novembre mil six cents quatre vingt
et ont lesdits futur espouse et Marandeau
pere et fils avec ledit futur espoux
declaré ne scavoir escrire ny signer de ce interpellé
suivant ordonnance et ont les dit Chaplain
Poliquain et notaire signer


# # Les acquest dudit # # # estant estimé a la somme
de huit cents livres # # # # Boillard


Jean Polliquen Jacque Chaplain Rageot Duquet

 

L'acte de mariage religieux de Jean Boilard est conservé aux registres de la paroisse de Notre-Dame du BonSecour à L'Ilset sur Mer. Cet acte se lit comme suit :



Le dix huitieme jour du mois de novem bre de l'annee mil
six cents quatre ving apres la dispense de deux bans de mariage
donnee par monseigneur l'illustrissime et honnorissime eveque
de quebec, d entre Jean Boilard habitant de la coste de Levis
de quebec agee de trente cinq ans ou environ fils du defunct
Mathurin Boilard et de Marie des Anges ses pere et mere
de la paroisse de Bournezeau eveche de Lucon d'une part, Jeanne
Marandeau veuve de defunct Julien Brulle bedeau
engage de quebec dautre part ne s estant trouve aucun empes
chement legitime, nous pretre missionnaire du seminaire
de quebec et Canada faisant les fonctions curiales dans
la coste de Sud ay pris leurs mutuels consentement par parole
de present et les ay marie selon la coustume de notre mere
Ste eglise, en presence de Jean Poliquain, Louis Otis, Louis
couillard Couillard et on les dits marie et tésmoins declaré
ne scasoir escrire ny signer de ce interpelé suivant ord
nance

Th : Morel pretre missionnaire.

 


L'action est intense en Nouvelle-France. Jeanne Maranda qui a donné naissance à Louise le 5 juin 1680, devint veuve le 16 août, elle se remarie le 14 novembre. Le deuil aura duré trois mois. On ne peut se plaindre d'ennui en ce pays. En fait, il faut savoir retomber sur ses pieds, s'orienter rapidement et poursuivre son chemin. Il est certain que le soir venu, on adresse des prières au Créateur et ces prières sont ferventes, j'en aie la conviction. Le couple, en fait, le trio quitte Québec et s'installe à Cap Saint-Claude près de la Pointe de Lévis.

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 16:57


1681 La Famille

 

 

 

Chez les nouveau marié, on espère que l’année 1681 donnera un répit. C’est une année de labeur intensif pour Jean et Jeanne. La ferme s’agrandit et montre déjà des signes de prospérité. Les travaux d’été sont terminés lorsque Jeanne qui est enceinte donne naissance à un fils le 5 novembre 1681. La Marraine sera Élisabeth Maranda, sœur de Jeanne et le parrain sera Jean Poliquain, le voisin, qui témoigna pour Jean Boilard lors de son mariage. Le nom de l’enfant sera Jean-Baptiste, malheureusement, celui-ci décède 9 jour plus tard, le 14 novembre. Il sera inhumé à Saint-Joseph de la Pointe de Lévis, Lauzon, bien que son acte de décès soit enregistré à l’Islet par le prêtre missionnaire Thomas Morel.

 

 

Au début de la colonie, la mortalité infantile est très élevée. Dans plusieurs famille, elle atteint souvent cinquante pour-cent.

 

Conçus au printemps, «en même temps ou presque, que les semailles», les enfants à naître causaient souvent bien des tourments à leurs géniteurs. Enceinte, c'était normal, la femme ne devait pas s'attendre à recevoir plus d'égards qu'il n'en fallait. La vie continuait ; les travaux aussi. A l'heure de l'accouchement, une véritable épreuve ainsi que l'indique ce proverbe gascon : «Femme grosse a un pied dans la fosse», la communauté féminine immédiate prend les choses en main.

 

Bénévole, la sage-femme s'active au meilleur de ses compétences, souvent rudimentaires selon l'historien André Lachance, qui rapporte ces histoires d'horreur : «Le toucher est "la boussole des accoucheuses", écrit-on à l'époque. Elles ne s'en privent pas et le pratiquent à tout instant. Certaines l'effectuent sans même s'être lavé les mains ni avoir enlevé leurs bagues. Les ongles de leurs mains ne sont pas toujours soigneusement coupés, ce qui peut occasionner des blessures à la mère. »

 

Dans la douleur (il faut bien racheter la jouissance originelle), l'enfantement donne son fruit qui, dans deux cas sur cinq, n'atteindra pas quinze ans. Les hommes à l'écart patientent dans l'angoisse. Était-ce insensible, arriéré ? Ne riez pas, ne vous offusquez pas : il y avait quelque chose de noble dans cette pudeur aujourd'hui méprisée.

 

André Lachance, qui nous apprend que le mot «bébé» (emprunté à l'anglais) n'existait pas en français courant avant 1841, rappelle aussi que les nourrissons suscitaient peu d'intérêt à l'époque, étaient essentiellement pris en charge par les femmes et dès l'âge de cinq ou six ans, mis à l'ouvrage.

 

L'âge de la jeunesse, de l'autonomie sous surveillance, la quinzième année de vie marque la véritable sortie de l'enfance et le début de la préparation au mariage. À la campagne, les garçons commencent à défricher leurs propres terres et à la ville, ils s'initient à un métier. Sujet tabou, l'éducation sexuelle «se fait par l'observation des animaux et des adultes», mais elle trouve quand même sa voie. La suite surprendra les passéistes qui s'inventent des paradis perdus : en ville, les jeunes, écrit Lachance, font la pluie et le beau temps, hantent les rues la nuit venue, poussent «des cris et des hurlements effroyables tout en frappant à grands coups de pied les portes des citoyens pour leur faire peur». On n'a plus la jeunesse qu'on avait ? C'est à voir.

 

 

Hélas ! Les recenseurs de 1681 ont oublié le couple Boilard. Cependant, le voisin Jean Policain, conjoint d’Anne Adam, a été enregistré. Il possède un fusil, une vache et cinq arpents de terre en culture. Cet oubli prive les descendants de précieux renseignements. On remarque l’orthographe différente de Poliquain. Les recenseurs qui ne veulent pas être en reste, ont écrit Policain.

 

 

Cette année là, 95,000 peaux de castors ont été vendues.

 

Pour une peaux de castor, on obtenait un petit manteau. Pour deux peaux, un manteau moyen, pour trois peaux, un grand manteau ou une couverture d'Iroquois. Pour quatre peaux, on obtenait une couverture de ratine et pour six peaux, on pouvait avoir soit une barrique de blé d'Inde, soit un fusil ou une couverture de laine. Une simple peaux de castor avait beaucoup de valeur et excitait la convoitise de plus d’un. Au dernier recensement, on comptait 500 coureurs des bois. Sur une population de 10,000, c’est dire qu’une personne sur vingt s’occupait officiellement de ce commerce lucratif. C’est dire que beaucoup ressentait l’appel de la vocation.

 

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 16:59

1682 Marie-Anne Boillart

 

Cette année là, Jeanne Cousin, mère de Jeanne Maranda et épouse de Jean Marandeau décéda a l’âge de 51 ans.

 

Le 5 novembre, naquit Anne Boillart. Elle a été baptisée par le curé Claude Volant à Saint-Joseph de la Pointe de Lévis, il décida d'utiliser une orthographe différente pour le nom de famille. La marraine est Anne Adam, l’épouse de Jean Policain, voisins. Le parrain est Jean Albert qui est âgé de 17 ans, il est le fils aîné de Guillaume Albert, aussi un voisin. Les voisins Poliquain et Albert seront fréquemment appelés à rendre service. Jean leur rendra bien car la survie au début de la colonie dépend souvent des voisins. Ils sont aussi importants que la famille immédiate.

 

Anne Boillart est en bonne santé et survivra. La famille compte deux filles, Louise Brûlé, 3 ans et Anne, bébé naissant.

 

Jean Boilard sur sa ferme à Cap Saint-Claude devait y élever sa famille. D'année en année, les baptêmes de ses enfants sont entrés dans les registres de Notre-Dame de Québec. Il les faisait tous baptiser à Saint-Joseph de la Pointe de Lévis, la paroisse la plus proche. Parfois un espace assez long s'écoulait entre la naissance et le baptême, quelques fois, l'enfant avait été ondoyé à sa naissance lorsqu'on avait craint pour sa vie.

 

 

La situation politique à l’époque a beaucoup changé au cours de l’année.

 

Le 1 mai, Jacques de Meulles est nommé Intendant de la Nouvelle-France, il arrive à Québec avec M. de La Barre qui est le nouveau gouverneur le 9 octobre. Ils remplaceront M. de Duchesneau et le Compte de Frontenac. Le palais de l'intendant venait de passer au feu lors de l’incendie majeur à Québec qui à détruit 55 maisons, il s'installe dans la haute ville. Fonctionnaire intelligent, actif, progressif ; mais accessible aux préjugés, extrême dans ses vues, peu bienveillant, facilement aveuglé par la passion. Il est averti de vivre en paix avec de M. de La Barre. Il sauvegarde les apparences ; mais dans sa correspondance perce son constant désaccord avec le gouverneur et le Conseil souverain.

 

M. de Meulles met aussitôt en vigueur les ordonnances contre la traite des liqueurs et les congés ou permis de faire la traite des fourrures, contre les relations commerciales avec les Anglais et les Hollandais, il favorise les échanges et le trafic avec les Antilles. Il s'applique à coloniser plus à l'intérieur du pays, de régulariser les concessions, de promouvoir leur exploitation. Il réclame contre l'envoi de jeunes engagés de 12 à 15 ans, d'institutrices inexpérimentées pour enseigner les sauvagesses. Il fait appel à des ouvriers, à des artisans de tous les métiers, à des fabricants de potasse, à des teinturiers, à des organisateurs de pêche sédentaire. Son salaire étant insuffisant, il avoue qu'il a vendu deux congés pour 700 livres, ce qui ne l'empêche pas de reprocher ce même procédé au gouverneur. Il demeurera en poste jusqu’en 1686.

 

Le nouveau gouverneur est le sieur de Joseph-Antoine Lefebvre de La Barre. On s'étonne du choix de ce vieillard de 70 ans comme gouverneur. Ses intentions sont droites, mais il manque d'énergie, de décision, d'habileté et il hérite d'une situation complexe.

 

 

Jean Boilard, nous l'avons vu, acquit ses terres de François Aimé, dit Laprise, et de Louis Sourisseau, il en a commencé le défrichement avant son mariage. Il paie au seigneur une redevance annuelle minime. En retour, il doit défricher et rendre cultivable au moins un arpent par année, et souvent il en fait davantage car le fruit de son travail lui reste en entier. Il besogne ferme. Il est par nature matinal. La saine clarté des premières heures du jour stimule les énergies.

 

 

Les heures régulières de travail sont du soleil levant au soleil couchant. Le colon est libre, mais cet horaire lui est naturel.

 

Il défriche une partie de la concession pour y semer ce qui sera nécessaire pour nourrir sa famille et ses bestiaux. L'autre partie est en forêt et sera conservée ainsi, afin de fournir le bois nécessaire au chauffage et à la construction. Les érables sont soigneusement épargnés pour fournir le sucre et le sirop. Le colon y construira de ses mains, maison, dépendances, étables et grange. Même si la terre canadienne donne généreusement, le colon doit se contenter de nourrir sa famille et ses bestiaux, car il lui est impossible d'écouler ses surplus. Les autorités n'ont rien prévu pour l'écoulement des surplus.

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 17:00

 

1683 Le Charivari


A Québec, on assiste à l'organisation du premier Charivari.

 

 

On appréciera la valeur humoristique et révélatrice des mentalités de l'époque (ont-elles vraiment changé à cet égard ?) des explications fournies par l'historien au sujet du phénomène du charivari. Il se déroulait si une veuve ou un veuf se remariait avec quelqu'un de plus jeune, si une jeune mariée avait été un peu volage pendant sa jeunesse se mariait ou si elle était enceinte, si le marié avait déjà eu un enfant et se mariait ou encore s'il y avait une très grande différence d'âge ou de fortune, en fait chaque fois que le mariage était considéré comme hors norme par la communauté, c'est-à-dire chaque fois que le couple, sans violer la loi officielle, avait transgressé les us et coutumes de la morale villageoise. Les voisins allaient chahuter et manifester leur désaccord sous les fenêtres de sa maison. Il se formait des groupes de charivari devant la chambre nuptiale et avec des chaudrons, on faisait du bruit jusqu’au moment où le marié versait une somme généreuse pour avoir finalement la Paix. Autres fois, pour les faire taire, le nouvel époux devait se justifier ou les dédommager en argent. On faisait un charivari qui pouvait s'entendre à plus de deux kilomètres.

 

Mais, les choses étaient vues d'un autre œil par les autorités.

 

Monseigneur François de Laval, Vicaire Apostolique de la Nouvelle-France et plus tard premier Évêque de Québec, donna quelques directives a ce sujet. Dans son mandement du 3 juillet 1683 (Q. vol. 1: 114-115), il donne des directives précises afin que cessent ce qu'il nomme "charivari" et qu'il définit lui-même ainsi: "... assemblée tenue en conséquence du mariage célébré dans la ville de Québec où se serait réuni grand nombre de personnes de l'un et de l'autre sexe et auraient commis des actions impies...". On fait même mention que l'on a dû avoir recours au "bras séculier" (justice temporelle) pour faire cesser ces sortes d'assemblées. Ces assemblées désignées sous le nom de charivari étaient ce que l'on pourrait aujourd'hui appeler "banquet de noce", où l'on dansait, chantait et buvait sûrement. La peine encourue pour la participation à un charivari :

 

inhibition et défense à tout fidèle de l'un et de l'autre sexe de notre diocèse de se trouver à l'avenir à aucune des dites assemblées qualifiées du nom de charivari, aux pères et aux mères d'y envoyer ou permettre que leurs enfants y aillent, aux maîtres et maîtresses d'y envoyer leurs domestiques, ou permettre volontairement qu'ils y aillent le tout sous peine d'excommunication. (Q. vol. 1: 115)

 

On voit que le clergé d'alors ne plaisantait pas sur le sujet, l'excommunication était la conséquence d'une faute très grave. La justice religieuse ainsi que la justice civile défendaient donc totalement la tenue de réunions ou d'assemblées de danse. Monseigneur de Saint-Vallier, successeur de Mgr Laval, a d'ailleurs donné son avis au gouverneur Frontenac à ce sujet, en tenant de ramener le " pouvoir civil" dans le droit chemin, vers les années 1685.

 

il est d'une grande importance pour la gloire de Dieu et le salut du prochain que Monsieur le Gouverneur et Madame la Gouvernante, sur la conduite desquels la plupart (des citoyens) ne manqueront pas de former la leur, tiennent ferme, non-seulement pour ne point aller en des maisons où se feraient des assemblées de bal et de danse, mais encore pour interdire leur l'entrée à ces sortes de divertissements qui se répandent ensuite de chez-eux partout d'ailleurs. (Q. vol. 1: 171)

 

Avec l’arrivée de Monseigneur de Saint-Vallier, en 1685, on dénonce les danses mixtes. On recommande les danses avec les personnes du même sexe, mais l’homosexualité était punie de l’emprisonnement et du fouet. Sous le Régime français la bestialité était passible de mort ainsi que le meurtre, le viol, le vol, le vol dans un lieu sacré, le vol de bétail et l’infanticide, le faux monnayage. Le charivari était une coutume qui pouvait entraîner l'excommunions.

 

 

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 17:02

 

1684 Eustache

 

             Remariage de Jean Marandeau avec Suzanne Chevallier, veuve de Robert Foubère, le 13 février. Jean Marandeau, 55 ans, habitait Saint-Paul, île d'Orléans. La cérémonie a eut lieu à Saint-Anne de Beaupré qui est la paroisse de Suzanne Chevalier qui était âgée de 41 ans. Les registres nous révèlent que une dispense de deux bans a été accordée par Monseigneur de Québec.

 

L'année 1684 vit la naissance de Eustache au mois d'août. On note, pour la première fois, la mention de la paroisse de Saint-Joseph de Lévis sur l'acte de baptême de Eustache, La paroisse vient tout juste d'être fondé et a maintenant un curé résidant. Le prêtre officiant est J. Pinguet. Les actes de naissances, sépultures et mariages seront dorénavant gardé dans les registres de la nouvelle paroisse. La famille Boilard se porte bien, les trois enfants sont en santé.

 

 

Fig. 03 L’église Saint-Joseph de la Pointe de Lévis

 

Cette année-là, les iroquois attaquent des marchants de fourrures, ces incidents qui inquiètent beaucoup surviennent dans la région de Montréal. La situation est beaucoup plus stable dans la région de Québec ou la colonie est forte et bien implantée.

 

 

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Chapitre 1 Jean Boilard et Jeanne Maranda

Introduction

La traversé

1675 À Quebec


1676 La Terre à Beaumont

1679 Jean Boislard

1680, La veuve de Julien Brûlé, Jeanne Maranda

1681 La Famille

1682 Marie-Anne Boillart

1683 Le Charivari

1684 Eustache Boilard

1686 Une Autre Année Difficile

1687 Jeanne Boilart

1689 Jean-Baptiste Boilard









Chapitre 2 Les Soeurs Boilard





Chapitre 3 Mathurin Boilard




Chapitre 4 Nicolas Boilard




Chapitre 5 Louis Boilard




Chapitre 6 Louis Boilard




Chapitre 7 Adolphe Boilard




Chapitre 8 Polycarpe Boilard




Chapitre 9 Napoléon Boilard




Chapitre 10 Noel Boilard




Chapitre 11 Guy Boilard





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